| Les équipes du Sprint affichent leurs couleurs |
![]() Tiré de la Nouvelle du 9 novembre, de Jérôme Gaudreau Les deux équipes U17 du Sprint de Sherbrooke de la ligue hivernale comptent sur de nombreux membres provenant des différentes communautés culturelles de la ville. En mettant sur pied ces deux formations, les parents et entraîneurs souhaitaient offrir un projet d'intégration hors du commun à ces jeunes adolescents venus d'ailleurs Chez les deux équipes du Sprint de Sherbrooke U17 évoluant au sein du circuit hivernal de l'Estrie, trois joueurs sur quatre proviennent de différentes communautés culturelles. Ces Afghans, Africains et Latinos, entre autres, se mêlent tout naturellement aux Québécois de souche. Et c'est justement ce que souhaitaient les parents en mettant sur pied ce projet unique d'intégration. Parmi les membres du Sprint U17, plusieurs viennent à peine d'arriver au pays et ne connaissent pas un seul mot du français, mis à part ceux-ci: «bonjour», «merci» et... «c'est le but»! En formant ces deux équipes ainsi que le club de développement pour les 12 à 14 ans, les parents des joueurs québécois espéraient offrir un lieu de rencontre et d'intégration aux adolescents venus d'ailleurs. «Quelques-uns d'entre eux ont mis les pieds au Québec il y a quelques semaines seulement. On assiste à un réel choc des cultures ici. Certains ne comprennent pas ce qu'on dit et d'autres possèdent des habitudes différentes des nôtres. D'ailleurs, quelques-uns de nos joueurs refusaient de jouer avec des souliers à crampons et l'équipement de protection. Parce que dans leur pays, ils jouent les pieds nus!» informe le responsable des formations d'intégration, Marcel Dumais. Celui qui est aussi père d'un joueur du Sprint U17 admet que l'idée de former ces trois clubs d'intégration est tout simplement fantastique. «Ils apprennent notre culture et notre façon d'être. Le sport demeure le meilleur moyen d'intégrer les membres des communautés culturelles. Si on prend l'exemple du Colombien Thomas Felipe Lopez, trois mois après son arrivée au Québec, il parlait notre langue comme vous et moi! Les cas du genre sont nombreux», admet-il. Au départ, quelques problèmes de communication peuvent bien évidemment survenir. «C'est pour cela qu'un entraîneur québécois, un entraîneur africain et un entraîneur latino dirigent chaque équipe. Les jeunes font aussi preuve de beaucoup de sens de l'humour. Ils font des blagues que les Néo-Canadiens ne comprennent pas toujours du premier coup, mais c'est de cette façon qu'ils s'intègrent! En s'amusant!» souligne M. Dumais. Pour s'adapter aux joueurs des autres communautés, quelques changements d'habitudes ont été nécessaires. «On ne joue jamais les dimanches en avant-midi, parce que plusieurs de nos membres sont à l'église. Et quand on dispute une partie, toute la famille du joueur s'y présente. Ici, lorsque nos enfants sont âgés de 15 ans et plus, les parents ont tendance à ne plus les suivre. Et pour ces familles immigrantes, chaque partie constitue une raison de faire la fête. C'est donc le party dans les estrades durant les parties!» s'exclame le responsable des clubs d'intégration. Et puisqu'ils n'ont jamais déboursé un sou pour pratiquer le soccer, une aide existe afin de permettre aux joueurs immigrants dans le besoin de pouvoir encore pratiquer leur sport favori. «L'école secondaire de la Montée, pavillon Leber, nous prête gratuitement son gymnase pour les entraînements. Le Fonds du sport, le Canadian Tire et le Club Rotary nous aident aussi. Tout le monde s'est mobilisé pour permettre à nos équipes de voir le jour», tient à préciser M. Dumais. Si tout cela aide les familles immigrantes à s'intégrer, les Québécois en tirent aussi plusieurs avantages. «On apprend autant qu'eux. Après avoir été invité à souper chez une famille immigrante, mon fils mange dorénavant tout le contenu de son assiette durant les repas! Le projet a même convaincu un autre joueur d'apprendre l'espagnol. On adopte de belles valeurs grâce à ces familles. On profite aussi du talent des jeunes au soccer, car techniquement, ils sont incroyables!» confirme le responsable, qui souhaite que l'idée inspire un jour les autres organisations. . |







